AGB2A-GIC : Kadjatou Doumbouya brise le silence et lance un appel pour sauver l’entreprise
Alors que la crise de gouvernance au sein d’AGB2A-GIC suscite de nombreuses interrogations, Mme Kadjatou Doumbouya, cofondatrice et associée de l’entreprise, sort de sa réserve. Dans cet entretien, elle explique les raisons de sa prise de parole et appelle à une clarification de la gouvernance, à la protection des investissements et au respect des droits des actionnaires et des partenaires.

Également épouse de l’administrateur général, elle affirme vouloir agir dans l’intérêt de l’entreprise, au-delà des considérations personnelles. Face aux tensions et aux procédures judiciaires évoquées dans ce dossier, elle plaide pour le dialogue, la transparence et une refondation de la gestion d’AGB2A-GIC. Elle revient sur ses motivations, les risques liés à son engagement et les solutions qu’elle estime nécessaires pour préserver l’avenir de la société.
« Je prends la parole pour préserver AGB2A-GIC, pas pour détruire qui que ce soit »
Madame Kadjatou Doumbouya, vous avez récemment décidé de vous exprimer publiquement sur la crise qui secoue AGB2A-GIC. Qu’est-ce qui a motivé cette prise de parole ?
J’ai décidé de prendre la parole parce que la situation actuelle m’interpelle profondément et exige, à mon sens, de la responsabilité et de la lucidité. Il est important que toutes les parties concernées, y compris notre administrateur général, prennent la mesure des enjeux et des conséquences possibles de cette crise.
Mon intention n’est pas de porter atteinte à une personne, encore moins à quelqu’un avec qui j’ai contribué à bâtir cette entreprise. Je ne souhaite pas détruire ce que nous avons mis des années à construire. Ma démarche vise avant tout à préserver AGB2A-GIC, à protéger les investissements et à défendre les intérêts de celles et ceux qui ont participé à son développement.
Je suis convaincue qu’il est encore possible de trouver des solutions, à condition que chacun accepte de faire preuve de responsabilité et de placer l’avenir de l’entreprise au-dessus des intérêts particuliers.
Vous évoquez une crise qui fragilise la gouvernance de l’entreprise et faites référence à plusieurs procédures judiciaires impliquant, selon vos propos, l’administrateur général. Que souhaitez-vous dénoncer précisément ?
Je souhaite attirer l’attention sur une situation qui, à mes yeux, fragilise le fonctionnement et la stabilité de l’entreprise. Plusieurs procédures judiciaires sont évoquées dans ce dossier. Il est donc essentiel que les faits soient examinés avec rigueur et que les responsabilités de chacun soient établies dans le respect de la loi.
AGB2A-GIC représente des investissements importants et joue un rôle économique qui mérite d’être préservé. Aucun intérêt particulier ne devrait compromettre durablement son avenir.
Nous devons sortir de cette logique de confrontation, laisser les institutions compétentes faire leur travail en toute indépendance et rechercher des solutions qui permettront à l’entreprise de retrouver sa stabilité.
« Si AGB2A-GIC s’effondre, personne n’en sortira gagnant »
Vous estimez qu’un éventuel effondrement d’AGB2A-GIC ne profiterait à personne. Qui risquerait d’en subir les conséquences ?
Les conséquences pourraient être lourdes pour l’ensemble des parties prenantes. Les actionnaires risqueraient de voir leurs investissements compromis, tandis que les partenaires techniques et financiers pourraient perdre confiance. Les activités de l’entreprise pourraient également être affectées, avec des répercussions sur les emplois et les perspectives de développement.

Il ne faut pas oublier que les intérêts en jeu dépassent les seules personnes directement impliquées dans cette crise. L’État guinéen et l’économie nationale ont également intérêt à ce que les entreprises puissent évoluer dans un environnement stable et transparent.
Derrière une société, il y a des investissements, des engagements, des emplois et des ambitions. Tout cela mérite d’être protégé.
C’est pourquoi j’appelle chacun à prendre du recul et à mesurer les conséquences d’une aggravation de la situation. Nous avons tous intérêt à préserver ce qui a été construit plutôt qu’à laisser les tensions compromettre plusieurs années d’efforts.
Vous insistez sur la protection des investissements et les droits des actionnaires. Quelles sont concrètement vos priorités ?
Mes priorités sont claires : protéger les investissements, veiller au respect des droits des actionnaires, réexaminer la situation des partenaires que j’estime avoir été injustement écartés et contribuer à assainir la gestion de l’entreprise.
Je souhaite également que les responsabilités soient clairement définies et que les décisions importantes soient prises dans un cadre transparent, conformément aux statuts de la société et aux règles applicables.
Il ne s’agit pas de régler des comptes personnels ni de chercher des coupables à tout prix. Il s’agit plutôt de créer les conditions d’un fonctionnement sain, équilibré et durable, dans lequel chaque partie peut faire valoir ses droits et où l’intérêt de l’entreprise reste une priorité.
« La transparence et le respect du droit doivent guider toutes les décisions »
Vous évoquez des procédures judiciaires longues et coûteuses. Comment sortir de cette situation sans compromettre les droits des différentes parties ?
Je pense qu’il est urgent de rechercher des solutions qui permettent de clarifier les différends et d’éviter que cette situation ne pèse davantage sur les ressources de l’entreprise.
Les frais liés aux procédures judiciaires et à la défense des différentes parties peuvent représenter une charge importante. Il est donc légitime de s’interroger sur leurs conséquences financières et sur les moyens de préserver les ressources nécessaires à la poursuite des activités d’AGB2A-GIC.
Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille contourner la justice ou empêcher quiconque de faire valoir ses droits. Bien au contraire, les juridictions compétentes doivent pouvoir examiner les dossiers en toute indépendance.
Mon souhait est que les différends puissent être résolus dans le respect de la loi, avec suffisamment de responsabilité et de discernement pour éviter que l’entreprise ne soit davantage fragilisée.
Vous réclamez une clarification de la gouvernance, que vous jugez insuffisamment transparente. Quelles réformes vous paraissent indispensables ?
À mon sens, AGB2A-GIC a besoin d’une véritable refondation de sa gouvernance. Il faut clarifier les responsabilités, renforcer les mécanismes de contrôle et garantir davantage de transparence dans la gestion des ressources comme dans la prise de décision.
Les actionnaires et les partenaires doivent pouvoir comprendre comment les décisions sont prises, selon quelles règles et avec quels mécanismes de contrôle. Ils doivent également avoir l’assurance que les intérêts de l’entreprise sont effectivement protégés.
Je souhaite que nous puissions construire un système de gestion plus sain, plus transparent et plus durable. C’est à cette condition que nous pourrons restaurer la confiance, prévenir de nouvelles crises et permettre à l’entreprise de poursuivre ses activités dans de meilleures conditions.
Vous êtes à la fois cofondatrice, associée et épouse de l’administrateur général. Certains pourraient voir dans votre démarche une affaire personnelle. Que leur répondez-vous ?
Je comprends que ma position puisse susciter des interrogations, compte tenu de mes liens personnels avec l’administrateur général. Mais mon engagement ne se résume pas à cette relation.
Je suis également cofondatrice et associée d’AGB2A-GIC. À ce titre, je me sens concernée par son avenir et par le respect des droits des actionnaires et des partenaires qui ont contribué à son développement.
Je ne cherche pas à me substituer à la justice ni à imposer mes vues à qui que ce soit. Je souhaite apporter ma contribution à la recherche de solutions, au rétablissement des droits lorsqu’ils ont été méconnus et à la mise en place d’une gouvernance plus transparente.
Pour moi, l’essentiel est que l’intérêt de l’entreprise soit préservé et que les décisions soient prises dans un cadre conforme au droit.
« Les partenaires doivent pouvoir faire valoir leurs droits »
Vous demandez la réintégration de partenaires que vous estimez avoir été injustement écartés. Comment envisagez-vous leur retour ?
Je souhaite que la situation de chaque partenaire concerné soit examinée sérieusement, sur la base des faits, des engagements pris et des droits de chacun.
Lorsque certaines décisions sont contestées, il me paraît nécessaire de les réexaminer dans un cadre approprié, en tenant compte des règles applicables et des intérêts de l’entreprise. Les partenaires qui ont contribué au développement d’AGB2A-GIC doivent pouvoir faire entendre leur position et faire valoir leurs droits.
L’objectif n’est pas de raviver les tensions, mais de restaurer la confiance, de favoriser le dialogue et de trouver des solutions équitables. Une entreprise ne peut se développer durablement que si ses partenaires ont confiance dans les règles qui encadrent leurs relations.
Vous parlez également d’une nouvelle constitution et d’une refondation de l’entreprise. Faut-il comprendre que vous remettez en cause la direction actuelle ?
Pour moi, la priorité n’est pas simplement de remplacer une personne par une autre. Ce qui compte, c’est de mettre en place une gouvernance claire, équilibrée et transparente, dans laquelle les responsabilités sont définies et les droits des actionnaires respectés.
Toute évolution doit naturellement se faire dans le respect des statuts de l’entreprise, des procédures applicables et des décisions des autorités compétentes.
AGB2A-GIC doit pouvoir s’appuyer sur des mécanismes de gouvernance suffisamment solides pour prévenir les conflits, garantir la continuité de ses activités et protéger les intérêts de toutes les parties prenantes.
C’est cette approche qui permettra, à mon sens, de sortir durablement de la crise et de reconstruire un climat de confiance.
« Il faut agir avant que la crise ne compromette l’avenir de l’entreprise »
Quel message souhaitez-vous adresser aux investisseurs, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux autorités guinéennes ?
Je voudrais leur dire que l’avenir d’AGB2A-GIC mérite une attention particulière. Nous devons tout faire pour que les tensions actuelles ne compromettent ni les investissements réalisés ni les perspectives de développement de l’entreprise.
J’invite toutes les parties prenantes à privilégier le dialogue, la responsabilité et la recherche de solutions durables. Chacun doit mesurer les conséquences qu’une aggravation de cette crise pourrait avoir sur l’entreprise et sur les personnes qui dépendent de ses activités.
J’espère également que les autorités compétentes, dans le respect de leurs attributions, contribueront à favoriser un environnement propice à la transparence, à la sécurité des investissements et au respect des droits.
L’enjeu est de préserver l’entreprise, de restaurer la confiance et de permettre à chacun d’évoluer dans un cadre clair et équitable.
Vous dites être consciente des risques liés à votre prise de position. Qu’est-ce qui vous pousse à maintenir votre engagement malgré les difficultés ?
Je suis pleinement consciente des enjeux et des risques que peut comporter ma démarche. Mais je considère qu’il existe des moments où il faut savoir prendre ses responsabilités.
Lorsque l’avenir d’une entreprise, les investissements des actionnaires et les intérêts de plusieurs partenaires sont en jeu, garder le silence n’est pas nécessairement la meilleure attitude.
Je ne prétends pas détenir toutes les réponses et je reste ouverte au dialogue. Mais je suis convaincue que la transparence, le respect du droit et le sens des responsabilités doivent guider nos décisions.
Mon engagement est avant tout motivé par ma volonté de défendre ce que je considère comme juste et de contribuer à préserver l’avenir d’AGB2A-GIC.
Pour conclure, quel est votre message aux différents protagonistes de cette crise ?
Mon message est simple : nous devons agir avant qu’il ne soit trop tard. Si AGB2A-GIC venait à perdre sa stabilité ou à voir ses activités gravement compromises, personne n’en sortirait véritablement gagnant. Ni les actionnaires, ni les investisseurs, ni les partenaires, ni l’État guinéen n’ont intérêt à ce que l’entreprise soit durablement fragilisée.
Je ne cherche pas à me substituer à la justice. Je souhaite simplement assumer mes responsabilités en tant que cofondatrice et associée, mais aussi en tant que personne directement concernée par l’avenir de cette entreprise.
Je demande que les droits de chacun soient respectés, que les situations contestées soient examinées avec sérieux et que la gestion d’AGB2A-GIC repose sur des principes de transparence, de responsabilité et de bonne gouvernance.
Je mesure les difficultés et les risques liés à mon engagement. Mais lorsqu’il s’agit de défendre une cause que je considère juste et de préserver une entreprise à laquelle j’ai contribué, je ne peux pas rester indifférente.
Ma détermination reste entière : je continuerai à défendre les droits légitimes des parties concernées et à plaider pour un avenir plus stable et plus transparent pour AGB2A-GIC.
Source : Opinion224.com